Les Fragments du Vide

Les Royaumes

Résumé 3.2, Année 1122, Tatsuya no Monogatari

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Contribution de Breloque
竜也の物語

Les mousses dévorent le manoir à deux étages qui ne cesse de pulser d’une lumière verte morbide. Le style de la bâtisse est désuet et vieux de plusieurs siècles.

Kazehiko remarque que la frontière entre les mondes spirituels est extrêmement fine en ce lieu manifestement maudit.

Nous nous installons dans la demeure des domestiques attenante au manoir pour bénéficier d’un répit. Je prépare une cérémonie du thé pour Kakita-sama. Dans mon bol de thé, je vois un funeste présage le concernant… un désaveu politique ?

Kazehiko-san et Ayame-san prodiguent quelques soins à Kakita-sama et Yuki-san. Ayame-san reste avec les chevaux et nos affaires pendant que nous nous préparons à explorer le manoir.

La pause terminée, nous entrons par la porte principale. Des pans de bois on pourrit ou sont défoncés. A l’intérieur la végétation gagne du terrain. Le lieu est encombré de débris de meubles fracturés, comme s’il avait été pillé il y a fort longtemps. Nos lanternes projettent çà et là des ombres inquiétantes.

Phénomène glaçant et fascinant, une brume ruisselle sur les marches de l’escalier qui monte à l’étage. Les marches grincent sous nos pas, Yuki-san en tête. A l’étage, une ancienne bibliothèque avec un panneau à demi-effondré qui aurait pu être l’entrée d’un passage secret. La lumière émane de ce passage.

Avant de nous aventurer vers cette lumière, nous fouillons sans succès le reste du manoir. Au deuxième étage,
Yuki-san plante son katana dans une latte du plancher : de la brume s’en échappe.

C’est Yuki-san qui s’avance en éclaireur, sans un bruit vers l’entrée dont la brume luminescente ne cesse de s’écouler.

Elle découvre une scène effrayante. Le sol noirci est marqué d’un cercle de sel. Au milieu de ce dernier, une forme humanoïde, un amas de chair, flotte dans les airs. La brume sort de la chose et de déverse dans la pièce jusqu’à la taille.

Nous rejoignons Yuki et la créature tourne sa tête vers nous… puis son corps se transforme alors : il gonfle et grossit rapidement, des cornes apparaissent.

Je m’approche le premier de la créature venue tout droit de Jigoku, devançant Yuki-san et Kakita-sama. Kazehiko lance un éclair de jade qui fait hurler l’oni.

D’une voix maléfique venue d’ailleurs, il assène :
« Tu m’as vaincu dans le passé, mais tu m’offres l’occasion d’une vengeance. »

Son bras s’allonge et se modèle en une grosse massue. Je suis incapable d’esquiver son coup et me retrouve projeté contre le mur comme une vulgaire poupée de chiffon.

Un flash de lumière verte. Nous sommes aveuglés, nos oreilles bourdonnent. Quelque chose pivote autour de nous.

Gaki-do, le royaume des morts affamés.

Nous recouvrons peu à peu nos sens dans un nouveau lieu, une maison noble Kakita, sombre et poussiéreuse. Une forte odeur de viande pourrie nous donne la nausée. Des lamentations lointaines se font entendre.

Je suis comme extérieur à la scène, je vois les trois fragments du vide la découvrir. L’endroit est dans le Gaki-do, j’en suis certain. Kakita-Sheru reconnait le Kyuden-Kakita, une version en négatif, aux couleurs délavées et étrangement vide.

Le fantôme d’une femme occupe la pièce dans laque nous nous trouvons. Elle aussi était un fragment du vide jadis, de la lignée des Brasiers. Un serviteur tout aussi éthéré rentre dans la pièce sans nous prêter attention pour apporter du matériel de calligraphie à sa maîtresse. Elle ne parvient pas à prendre le pinceau, comme si ses doigts devenaient immatériels. Elle s’énerve, renverse la table et pleure de rage. Yuki-san ramasse le pinceau tombé par terre. La femme se tourne vers elle et la regarde :

« Mon destin est entaché de mes péchés, je n’ai plus d’utilité en ce monde. Offrez moi une mort honorable avec votre sabre, samurai. »

Elle se nomme Kakita Etsumi.

« Ma lignée est vaine. Aidez-moi à me débarrasser de mes fardeaux… »

Le groupe refuse. Yuki-san réalise un dessin d’Etsumi, magnifique esquisse. Etsumi est fascinée par le dessin et Yuki lui offre. La calligraphe sourit de plaisir. Elle ne pense plus à son funeste destin à cet instant.

La vision se brouille.

Nous voilà de retour face à l’oni. Je me jette sur lui et saisit son énorme bras pour le bloquer dans son dos de tout mon poids. Cela offre une opportunité à mes comparses. Yuki parvient à traverser son armure d’un coup de sabre, mais cela ne semble guère affecter le démon. L’éclair de jade conjuré par Kazehiko frappe l’oni qui hurle à nouveau de douleur.

Je parviens à maintenir ma prise, et la créature dit d’une voix bien différente, avec un timbre… humain :
« Tuez-le, tuez-moi. »

Un nouveau flash de lumière verte.

Toshigoku, le royaume du massacre.

Un château grossier de pierres ocre amoncelées, dans une plaine désolée sans végétation. Les eaux putrides stagnent dans un marigot non loin.

Les fragments du vide font face à une armée spectrale. Derrière eux une autre armée. Pris entre le marteau et l’enclume, la bataille est inéluctable. La clameur de la charge se fait entendre.

Kazehiko-san a senti la présence d’un fragment du vide de la lignée des Savoirs non loin. Les deux armées s’affrontent dans une éternelle bataille, qui se répète sans fin.

Kazehiko, Yuki et Sheru y participent alors des heures durant, avec fougue, gagnant de la gloire aux yeux de ces combattants .
Le jeune shugenja se rapproche de son aïeul et combat à ses côtés. Ce dernier, satisfait, lui annonce :

« Je suis fier que tu ais rejoins notre armée. »

Toujours bloqué par mon étreinte, il semble que l’armure de l’oni s’affine après chaque vision.
Ne perdant pas plus de temps en palabres, Kazehiko envoie un nouvel éclair qui blesse la créature. Yuki-san profite de l’armure affaiblie pour asséner un coup puissant et précis au démon qui mugit sa rage et sa douleur.

Yomi, le royaume des ancêtres bénis.

Un splendide château. Des champs et des rizières verdoyantes à perte de vue.

Devant l’arche qui mène au château se tient un vieil homme, Daidoji Ginta. Le fragment originel de la lignée des Secrets. Il porte un masque blanc comme tous les habitants de ce royaume.

« Personne n’interdira votre retour dans le royaume des mortels ni ne vous gênera dans votre quête. C’est ici à Shiro-no-yojin, que tant des miens ont vécu et sont morts.

Méfiez-vous des Fragments de l’Ombre, ils obéissent à une force qui met en danger l’équilibre des royaumes spirituels. Détruisez-le ou il vous détruira. Chaque génération donne naissance à un de ces fragments maudits… Vous avez ma bénédiction. »

L’armure magique de l’oni a quasiment disparue, mais il s’enrage et se libère enfin de mon étreinte, m’envoyant valser contre le mur.

Kakita-sama profite de l’instant et porte un coup mortel à l’oni, dont le sang noir gicle abondamment.
C’est au tour de notre épéiste légendaire Daidoji Yuki-san de porter un coup de grâce monumental. Kazehiko-san conjure son plus bel éclair, citant le nom des aïeux, Fragments du Vide originel, mettant un terme à cet étrange combat. Mais une dernière lueur subsiste dans les yeux du démon.

Meido, le royaume de l’attente.

Un géant dans son armure lourde, Emma-O, assis sur un trône blanc qui précède une arche. La Fortune de la Mort. Il se lève soudainement. A chaque pas, les âmes fuient. Il fulmine, son ire palpable comme une aura, le marteau lourd à la main :

« Votre heure n’est pas venue. Mourrez ici dans le royaume de l’attente ou repartez d’où vous venez. Votre présence est une insulte à l’Ordre Céleste. »

Une demi-géante est là non loin. C’est Jizo, Fortune de la compassion qui nous invite à dire quelle est l’âme que nous recherchons. Nous apprenons que Kuni Shigemasa a déjà été envoyé au Jigoku. Quant à Bayushi Miyuno, la Scorpion évoquée dans les visions par Etsumi et Kanedata, son âme a été volée et dévorée par l’ombre rampante.

Emma-O, emmène les Fragments du Vide jusqu’à l’arche de pierre afin qu’ils rejoignent leur royaume.

Une ultime vision nous révèle que Bayushi Miyuno s’est cachée dans l’Ombre pour sauver sa vie et a été initié à des pouvoir interdits pour devenir le premier Fragment du Vide de la lignée de l’Ombre.

Cette révélation est d’une importance considérable. Cela veut dire qu’il existe une autre lignée en plus de celles que nous connaissions jusqu’à présent !

L’oni incante dans une langue sombre et inquiétante. Kakita-Sheru sama est le plus rapide à réagir et tranche la mâchoire du démon pour mettre un terme à cette funeste rencontre.

Jigoku, le royaume du mal.

Un vent mystique souffle et pénètre les âmes des Fragments du Vide baignés dans des miasmes écarlates. Des esprits malfaisants sont attirés par l’humanité. Ils viennent se lover et se frotter contre les âmes de mes compagnons.

Un fragment est présent parmi eux. Un démon à forme de mante religieuse est là, dévorant ses membres dans une souffrance infinie. Elle s’adresse aux fragments dans leur tête :
« Fuyez, misérables traitres avant qu’il ne vous rattrape. »

Et ils s’exécutèrent, grimpant sur un nuage putride dans ce maelström maudit non sans souffrit des griffes des esprits.

C’est tout du moins ce que mes compagnons me relateront de cette terrible expérience.

Une vision nous révèle aussi que Kuni Shigemasa a fait un choix terrible aux portes de la mort. Il s’est ouvert à des sombres patrons et est devenu le premier Fragment du Vide de la lignée du Sang, dépositaire d’une puissante magie noire. Loin de l’histoire officielle…

L’oni a disparu. Le cadavre d’un humain gît en lieu et place. Sûrement le shugenja venu déterrer les sombres secrets de ce lieu, à l’origine de la peste noire.

Mes compagnons sont certes blessés, mais ne sont plus malades.

Nous retournons enfin au Isawa-Kyuden pour nous reposer. J’en profite pour explorer encore quelques jours les rayons de leur bibliothèque.

Kakita-sama, accompagné d’Ayame-san et de Yuki-san, rentre tout de suite faire son rapport à Otosan-uchi à Miya Yoto.

Kazehiko-kun profite de l’occasion pour passer quelques jours avec sa famille.

つ づ く

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Breloque

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