Les Fragments du Vide

Les Griffes de Kyuden Bayushi

Résumé 2.1, Année 1121, Tatsuya no Monogatari

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Contribution de Breloque
竜也の物語

Lors de cet hiver 1120, Kakita Sheru obtint l’insigne honneur de participer à la cour de l’Empereur, à Kyuden Isawa. Nous ne l’avons que peu vu à cette occasion, il est plutôt discret et des samurais de notre rang n’ont de toute façon pas le droit de porter le regard sur l’héritier Céleste sans son autorisation.

A cette occasion, j’œuvre avec ardeur pour le nom de Kakita Sheru. J’ai la prétention déplacée de croire que cela à participer à attirer l’attention de la délégation Yoko présente à la cour, au point qu’une proposition de mariage fort avantageuse soit faite à Kakita-sama. Rien de moins que la nièce du daimyo Yogo. Yogo Ikumi est une shugenja qui n’a pas que sa naissance pour atout. Elle est reconnue pour son ardeur à lutter contre le maho sous toutes ses formes. Elle est plutôt avenante pour ne rien gâcher. Mais j’ai toujours quelques appréhensions vis-à-vis du clan du Scorpion, leur passion pour les secrets et les faux-semblants me font douter de leur passion. Kakita Sheru accepte ce grand honneur qui lui est fait. Je me renseigne sur elle autant que possible. Je découvre avec surprise que la jeune Yogo est une amie proche de… Yuki-san.

L’Empereur se retire au bout de quelques semaines. Le Phoenix en sort divisée : la famille Asako est mise à l’amende par la famille Isawa. Mais je n’ai pas réussi à savoir ce qui fut à l’origine de cette brouille.

A l’automne 1121, Kakita Sheru reçoit une invitation de la part du Seigneur Bayushi Shoju en personne, afin de séjourner dans son Kyuden et profiter d’un moment de repos au sein de la Maison des Secrets. Ce seigneur n’est autre que le daimyo de la famille Bayushi et le Champion du clan du Scorpion. Nous serons accueillis par son karo, son principal conseiller, Bayushi Mokuyei. Cette invitation s’étend à tous ceux qui ont été offensés, et ne s’adresse pas au Shikken même s’il est fait mention de l’accord avec Miya Yoto.

Kakita daimyo demande que sa future épouse l’accompagne. Yogo Ikumi san accepte et chemine depuis Otosan Uchi pour rejoindre notre délégation.

Kazehiko-san nous accompagne aussi. Par le truchement de la promise de Kakita-sama, il obtient l’autorisation de visiter la bibliothèque… accompagné.

Nous arpentons les routes venteuses et poussiéreuses des terres Scorpion dans la province de Kunizakai, dès les premiers frimas de la saison froide.

Kyuden Bayushi est construite au bord d’un large fleuve. La ville est réputée pour être un labyrinthe de rues étroites dont il faut connaître la sortie pour accéder au palais. Ce palais étant lui-même un dédale d’une autre sorte dont la rumeur dit que les murs changent de place d’un jour à l’autre. Mais il y a une autre boîte dans la boîte, car la cité est réputée pour être construite sur un labyrinthe très ancien que le kami Bayushi en personne aurait fait construire.

J’ai déjà du mal à retrouver mon chemin dans mon village natal autant dire que ce lieu me donne le vertige.
Les visiteurs doivent donc être guidés par des autochtones pour espérer se repérer dans la cité. C’est Yogo Ikumi san qui nous mène dans ces lieux.

Je sais aussi la cité réputée pour son sinistre Bosquet des Traîtres, où leurs membres renégats sont crucifiés jusqu’à la mort. Il se murmure que les âmes restent captives des arbres du lieu, incapables de rejoindre la roue karmique.

A notre arrivée, la ville est très animée. Nous passons à travers le quartier marchand, bruyant des cris des commerçants vantant les mérites de ses articles exotiques, les odeurs du marché chatouillant nos narines.
Le soleil se couche sur le Palais alors que nous traversons un monumental Tori surmonté d’une sculpture d’un scorpion noir. Je goûte cette scène splendide baignée dans les rayons cuivrés du soleil.

Passés par plusieurs salles, nous sommes accueillis dans la salle des audiences par Bayushi Mokuyei sama portant un masque laqué d’une belle couleur pourpre. Derrière lui, deux alcôves. Celle de gauche est décorée d’origamis complexes et du meilleur goût. Dans l’autre se trouve posé sur un présentoir un daisho magnifique entouré de quelques bougies. Le karo nous fait bon accueil et nous indique nos appartements. Kazehiko se rend à la bibliothèque. Ikumi-san nous fait visiter la ville, son port et ses différents quartiers. Les masques Scorpion sont très variés et nous apprenons nombre d’histoires et d’anecdotes concernant cette tradition iconique du clan. Notamment celle concernant le masque du champion clan Bayushi Shoji : intégral, il en change chaque jour. Nous profitons de l’occasion pour arpenter cette paisible cité, visiter artistes et artisans. Yuki-san fait l’acquisition d’une magnifique estampe dépeignant la ville. Elle achète aussi un cadeau pour son amie : un élégant étui à parchemin en bois laqué, sur lequel elle fait graver leurs noms.

Au troisième soir, dans la salle à manger, on nous apporte un plat étrange. Un poisson cuisiné avec une épice exotique, dont le fumet nous est inconnu. Daidoji-san est méfiante et ne mange que les accompagnements. Nous autres tentons l’aventure gastronomique, le goût est… étrange.

La neige tombe, un petit rideau blanc se dépose sur les toits des maisons.

Au beau milieu de la quatrième nuit, le bruissement de la porte d’entrée me réveille. Deux silhouettes armées d’un katana pénètrent dans la pièce. J’entends le cri de guerre de Daidoji Yuki dans la pièce d’à côté dévolue aux femmes. Kakita-sama se réveille, j’attrape son katana et lui lance pendant qu’il se relève. L’assaillant me blesse mais je riposte en posture de l’ours ce qui le projette au sol. Yuki san découpe le fusuma, la paroi coulissante en papier de riz qui sépare nos deux pièces. Ses réflexes de yojimbo la pousse à rejoindre Kakita-sama sans délai alors même qu’elle est face à un adversaire. Adversaire qui choisit de s’en prendre à Iuchi-san qui a tout juste le temps d’invoquer un kami protecteur de la montagne. Nos adversaires sont habillés en noir et portent des masques grossiers.

Kakita-sama transperce son adversaire d’un coup de katana fulgurant dans le cœur. Daidoji-san n’est pas en reste et décapite son adversaire.

Qu’elle n’est pas notre surprise quand l’adversaire éliminé par Kakita, se relève d’une manière surnaturelle. Ce ne sont pas de simples coupe-jarrets venus nous assassiner dans notre sommeil. Les adversaires sont coriaces et parviennent à nous blesser. Kakita plante son katana dans la tête de celui qui s’était relevé, qui s’effondre comme un pantin sans vie. Yuki-san décapite à nouveau son adversaire. Je peine à maîtriser le mien et reçoit plusieurs blessures. Je dois être un peu rouillé. Il me faudra reprendre rapidement l’entraînement de manière plus intensive. Heureusement Yuki-san est là pour défendre notre groupe car c’est une troisième tête qu’envoie voler contre le mur, qui tombe dans un bruit spongieux.

Le silence reprend ses droits dans la nuit pendant un instant.

Précédés par la lumière de leurs torches, un groupe de bushi Scorpion débarque dans la pièce. Ils nous cloisonnent le temps de comprendre ce qui s’est passé.

Bayushi Karea, un officier très suspicieux nous accuse maladroitement d’être la cause de cette macabre scène. Je lui rappelle quelques simples faits : des invités personnels de Bayushi-dono ont failli être assassinés sous son toit. Il eut été terrible qu’il souffre de pareil déshonneur.

Deux gardes sont placés devant nos nouveaux appartements.

A voix basse, nous échangeons sur les récents événements. Ikumi-san dit avoir senti la souillure parmi nos assaillants.

Dans les volutes d’encens, mon don de double-vue ne me révèle rien.

Kazehiko-san officie une prière au seigneur Lune. Ce moment de communion nous apporte un peu de sérénité. Yogo Ikumi trace des symboles de protection contre la souillure devant nos portes.
Je fais un rêve étrange cette nuit-là.

Il n’était qu’un enfant, difforme, le visage couvert par un masque de soie. Shoju regarde les samourais du Scorpion s’entraîner en dessous. Il chute mais se rattrappe à un chevron de bois. Il escalade péniblement jusqu’à sa chambre. Son père l’attendait en haut, le Champion du Scorpion. « Si tu n’avais pas été fort pour remonter seul, ta vie n’aurait pas valu d’être sauvée. »

Le lendemain matin, nous sommes conduits à Bayushi Mokuyei. Il nous propose de participer aux investigations concernant l’attaque que nous avons subie. Bayushi Oniji, le chef des gardes, est présent ainsi que Bayushi Iemitsu, chargé de l’enquête. Ce dernier est plutôt âgé et porte un masque de porcelaine qui lui couvre la moitié du visage.

Dans un caveau, les cadavres sont là. Les visages nous sont inconnus. Pas de tatouages. Jeunes gens. Le mon du Scorpion est le seul signe particulier que l’on observe. Pas de chaussures ni de geta dans leurs affaires personnelles. L’enquêteur remarque qu’il a déjà vu un des hommes dans le Palais. Bayushi Oniji est appelé. Il finit par reconnaître l’homme : Bayushi Aru, affecté cette nuit à la porte Est. Ainsi que la femme : Shosuro Arura, une bushi affectée à la surveillance de la route Sud. Ils viennent tous deux du dojo des Mille Poisons du cœur de ville et avaient réussi un concours. Deux bushi prometteurs décorés par Bayushi Mokuyei en personne.

Décision est prise que Kakita-sama et Daidoji-san aillent enquêter sur ce dojo, en leur qualité d’épéistes.

Pendant ce temps-là, Kazehiko et moi avons fait quérir les sentinelles de la porte Est pour les questionner. Un des gardes bafouille et avoue qu’Aru ne s’était pas présenté en effet. C’était quelqu’un d’irritable. Depuis qu’il avait été félicité par le daimyo, ses chevilles ne rentrait plus dans ses geta. Ils étaient dix jeunes gens à avoir mérité cet honneur. Une fillette se présente à nous. Elle ne manque pas d’audace et nous soumets son problème : son frère, Norihide est un ami d’Aru. Elle constate que son frère a un comportement étrange, il est devenu violent et colérique. Il fait partie des dix lauréats du dojo des Mille Poisons. Nous décidons de rendre visite à ce frère dans l’après-midi avoir échangé avec nos comparses.

つ づ く

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